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Carnets égyptiens

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 Je voudrais être là bas avec lui, et comme d'habitude, je suis dans l'insatisfaction, la rêverie, et l'inaction. C'est quand je me couche là haut, sous les toits,que je suis la plus heureuse de la journée. Enfin je peux m'adonner à mes rêveries les plus stériles, les plus irréalistes et les plus réjouissantes. Je peux rêver que je ne vis pas que pour moi, au jour le jour, mais aussi pour d'autres, que j'ai du courage, y compris physique, que je maîtrise quelque chose dans tout ce bazar. Et toujours dans ma tête, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l'Egypte...

Nuage

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Il aurait du naître vendredi ou samedi prochain, le 23 ou le 24 avril. J'avais trouvé ça géniale comme date de naissance, le mois d'avril, mon mois préféré, le ciel et le soleil, l'été qui s'approche...Il aurait du être là, j'aurais du enfanter cette chose, ce bébé, ce petit garçon, car je suis stupidement persuadée que ça aurait du être un garçon. Bien sur, il ne sera pas là vendredi ou samedi prochain, tout ça me semble maintenant relever de la plus parfaite science-fiction, moi une mère, une femme qui accouche, n'importe quoi, n'importe quoi hier, n'importe quoi aujourd'hui et n'importe quoi demain.  La réalité, c'est que j'ai pris ces putains de médocs, qu'il est parti dans mes putain de chiottes, car c'est ça la réalité crue mais parfaitement vraie, un embryon, sans activité cérébrale, ou en tout cas c'est ce que je me dis pour me rassurer, un amas de cellule, comme un alien qui pousse dans le ventre, comme le fils demi-A

Rugby quantique

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Quand tout fout le camp, quand tout le reste est incontrôlable, incompréhensible, insaisissable dans la tête et dans le cœur, il reste ça, un simple ballon, une poignée de co-religionnaires, le terrain, la montée en ligne de la défense, l'escalier parfait de l'attaque, les passes, les feintes, les timides croisés et enfin la percée inattendue qui mène à l'en-but... Courir de toutes mes forces en sentant que trois hommes tentent de me rattraper alors que ma vie sentimentale déraille (comme d'habitude), sentir l'équipe monter au diapason alors que le sentiment d'isolement me terrasse, boire une bière chaude sur le parking alors que la nuit, les bars et la fête me manquent terriblement. Le ch aos organisé, de simples particules interagissant sur un terrain d'herbe synthétique, et l'oubli de tout, des poids et des impératifs, l'esprit seulement focalisé sur la prochaine combinaison, sur le nombre de joueurs en face pour se positionner en défense, tenir s

I will lead you home

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Je reviens ici pour m'appesantir sur ma petite personne (et j'assume), alors même que l'actualité est particulièrement chargée. Je ne suis plus venue ici depuis cet été, les événements par lesquels je suis passée à ce moment là m'ayant littéralement coupé la chique. Je n'ai plus l'impression que c'est moi qui ait vécu ça, que j'étais là, c'était forcément quelqu'un de différent, alors je serais bien incapable d'écrire dessus. Je voulais juste venir ici pour coucher ce sentiment mille fois éprouvé, de nullité, d'impuissance, de fatigue morale. C'est surtout la nullité, partout, tout le temps, qui m'assaille et me défait. Nulle au travail, nulle au rugby, nulle avec les autres, superficielle et neuneu, nulle, dix fois nulle, cent fois nulle, un vrai zéro pointé. Je vais au boulot et je pipe rien, je me trompe dans le simple envoi d'un mail, dans ce que j'écris, comprend, fait. Les autres m'agacent, je ne sais comment me

Ozbi

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Je ne sais plus comment je voulais commencer ni ce que je voulais dire. Je crois que quand je repenserais à ces moments, dans 10 ans, dans 20 ans, je me dirais que sa musique m’a aidée, m’a portée, comme d’autres peuvent dire qu’un livre ou que des livres les ont sauvés à un moment de leur vie. Ce sera aussi grandiloquent et gnangnan que ça mais peu importe. Sa musique, sa voix, les voix de tous ceux (surtout celles) qui chantent avec lui, cette langue turque encore et toujours. Dans tout ce gris, cette pluie, cette douleur physique qui n’en finit jamais, cette incertitude en parallèle de cette routine aliénante et insupportable, cette solitude emprisonnante, ce franco-français lassant et plombant, ils auront toujours été là, à me raconter à l’oreille qu’autre chose, ailleurs, plus loin, existe et est possible. La promesse de l’Orient, d’autres langues, d’un soleil tendre, d’autres cultures, espérances, histoires, pensées et rêves. Même si c’est que du vent, même si c’est que des cli

Three rings

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Je me la joue comme la mère dans Mon Michaël, je reste clouée au lit et je pars dans des rêves grandioses et fiévreux de ce qu’aurais pu être ma vie, une vie rêvée, une maison communautaire en Bretagne, une maîtrise parfaite du turc, de l’arabe, du kurde, du persan (et du tadjik, ça peut toujours servir), et plein d’autres détails bizarres ou ridicules. Je ne me prend pas pour la princesse dans Michel Strogoff par contre, c’est plutôt la musique d’Ozbi & Gulce Duru et toujours les Grizzly Bear qui m’emmènent par la main. Je suis sûr que ce bon vieux Amos Oz, de là où il est, consentirait à une telle réutilisation de son roman, certes puérile. Il comprenait si bien les tourments et les questionnements absurdes et humains qu’il aurait très certainement compris mes pensées.   La gyneco du CHU était relativement optimiste, les ovaires et les trompes sont OK à l’échographie mais 1) l’échographie montre assez peu les lésions potentielles mais uniquement les gros problèmes type hydro

Une thèse en psychologie

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On se disait ça pour rire quand on était à la fac avec F., qu'on pourrait écrire une thèse avec toutes les analyses psychologiques qu'on faisait des gens. Des mecs essentiellement, mais pas seulement, des profs aussi, des autres filles, de nos familles. On manquait pas de matière en tout cas. Aujourd'hui, c'est surtout sur les relations au travail qu'on pourrait écrire un bouquin. J'ai l'impression que depuis que j'ai commencé à bosser en septembre 2010, je suis petit à petit devenue spécialiste en personnalités horribles au boulot. Les gens sympas, bon, y a moins de choses à en dire, ne serait ce que parce qu'on est contents de les croiser, donc on essaie pas de les repérer pour les éviter. Mais les collègues horribles, malsains voire dangereux moralement, ça c'est intéressant. C'est intéressant car plus je vieillis et plus j'ai de l'expérience professionnelle, plus je trouve que ces personnalités ont des grands invariants qui s