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I will lead you home

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Je reviens ici pour m'appesantir sur ma petite personne (et j'assume), alors même que l'actualité est particulièrement chargée. Je ne suis plus venue ici depuis cet été, les événements par lesquels je suis passée à ce moment là m'ayant littéralement coupé la chique. Je n'ai plus l'impression que c'est moi qui ait vécu ça, que j'étais là, c'était forcément quelqu'un de différent, alors je serais bien incapable d'écrire dessus. Je voulais juste venir ici pour coucher ce sentiment mille fois éprouvé, de nullité, d'impuissance, de fatigue morale. C'est surtout la nullité, partout, tout le temps, qui m'assaille et me défait. Nulle au travail, nulle au rugby, nulle avec les autres, superficielle et neuneu, nulle, dix fois nulle, cent fois nulle, un vrai zéro pointé. Je vais au boulot et je pipe rien, je me trompe dans le simple envoi d'un mail, dans ce que j'écris, comprend, fait. Les autres m'agacent, je ne sais comment me

Ozbi

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Je ne sais plus comment je voulais commencer ni ce que je voulais dire. Je crois que quand je repenserais à ces moments, dans 10 ans, dans 20 ans, je me dirais que sa musique m’a aidée, m’a portée, comme d’autres peuvent dire qu’un livre ou que des livres les ont sauvés à un moment de leur vie. Ce sera aussi grandiloquent et gnangnan que ça mais peu importe. Sa musique, sa voix, les voix de tous ceux (surtout celles) qui chantent avec lui, cette langue turque encore et toujours. Dans tout ce gris, cette pluie, cette douleur physique qui n’en finit jamais, cette incertitude en parallèle de cette routine aliénante et insupportable, cette solitude emprisonnante, ce franco-français lassant et plombant, ils auront toujours été là, à me raconter à l’oreille qu’autre chose, ailleurs, plus loin, existe et est possible. La promesse de l’Orient, d’autres langues, d’un soleil tendre, d’autres cultures, espérances, histoires, pensées et rêves. Même si c’est que du vent, même si c’est que des cli

Three rings

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Je me la joue comme la mère dans Mon Michaël, je reste clouée au lit et je pars dans des rêves grandioses et fiévreux de ce qu’aurais pu être ma vie, une vie rêvée, une maison communautaire en Bretagne, une maîtrise parfaite du turc, de l’arabe, du kurde, du persan (et du tadjik, ça peut toujours servir), et plein d’autres détails bizarres ou ridicules. Je ne me prend pas pour la princesse dans Michel Strogoff par contre, c’est plutôt la musique d’Ozbi & Gulce Duru et toujours les Grizzly Bear qui m’emmènent par la main. Je suis sûr que ce bon vieux Amos Oz, de là où il est, consentirait à une telle réutilisation de son roman, certes puérile. Il comprenait si bien les tourments et les questionnements absurdes et humains qu’il aurait très certainement compris mes pensées.   La gyneco du CHU était relativement optimiste, les ovaires et les trompes sont OK à l’échographie mais 1) l’échographie montre assez peu les lésions potentielles mais uniquement les gros problèmes type hydro

Une thèse en psychologie

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On se disait ça pour rire quand on était à la fac avec F., qu'on pourrait écrire une thèse avec toutes les analyses psychologiques qu'on faisait des gens. Des mecs essentiellement, mais pas seulement, des profs aussi, des autres filles, de nos familles. On manquait pas de matière en tout cas. Aujourd'hui, c'est surtout sur les relations au travail qu'on pourrait écrire un bouquin. J'ai l'impression que depuis que j'ai commencé à bosser en septembre 2010, je suis petit à petit devenue spécialiste en personnalités horribles au boulot. Les gens sympas, bon, y a moins de choses à en dire, ne serait ce que parce qu'on est contents de les croiser, donc on essaie pas de les repérer pour les éviter. Mais les collègues horribles, malsains voire dangereux moralement, ça c'est intéressant. C'est intéressant car plus je vieillis et plus j'ai de l'expérience professionnelle, plus je trouve que ces personnalités ont des grands invariants qui s

Paris

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Je sais pas encore à quelle date précise je partirais mais je pensais à ça l'autre jour. Je pensais à Paris comme à une entité individuelle, qui me manquera là-bas, à laquelle je penserais toujours avec une certaine nostalgie. C'est pas furieusement original mais c'est la réalité. Bien sur, il faut que je parte. Pour ma santé mentale, et aussi financière. Je n'ai pas assez les moyens de m'installer définitivement dans une ville comme Paris et d'y vivre suffisamment bien matériellement, avec sérénité. Et même si je suis par nature une citadine (provinciale, certes), j'aspire comme beaucoup de gens à un peu plus de grand air, de petit centre-ville, de lenteur, voire, soyons fous, de forêt et de littoral. Mais je garderais le souvenir de mes marches vespérales solitaires à Montmartre, avec ses touristes même en pleine semaine et en plein hiver, cette foule qui remonte le moral par sa seule présence. La vue sur Paris dans la brume ou la nuit, les escali

2049 (2)

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J'ai besoin d'écrire ce genre de trucs, le pouvoir cathartique de coucher des trucs par écrit n'étant plus à prouver. Plus les années passent, plus je me rend compte de mes difficultés psys. Pas psychiatriques, je ne pense pas, mais quand même une santé mentale qui n'est pas autant au beau fixe que beaucoup de gens qui sont équilibrés (y a aussi beaucoup de gens comme moi et aussi beaucoup de gens dans des situations pires que moi, mais c'est une autre histoire). Quelqu'un m'a parlé de la personnalité limite ou borderline (mais pas ma psy car elle voit les choses différemment qu'en terme de diagnostic précis, je dirais) et c'est vrai que je pourrais cocher pas mal de cases, de manière bénigne, certes. Ce sont des diagnostics complexes, pas toujours acceptés ou même démontrés scientifiquement, parfois pratiques pour justifier certains trucs. Mais les difficultés de gestion de la colère, le pessimisme, l'angoisse, l'idée que les au

Monde du travail et désillusions

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On parlait de ça avec F. l'autre jour. Bien sur, c'est des "problèmes de riches" vu que, en pleine crise du coronavirus, j'ai quand même l'immense chance de pouvoir rester chez moi peinarde avec mon salaire plein pot. Je dois juste continuer à travailler mes cours avec un planning comme si on était toujours en formation présentielle mais c'est tout. Je ne suis donc ni aide-soignante, ni infirmière, ni caissière ou aide de vie en EPHAD...qui, elles, pourraient nous faire une sacré somme sur les désillusions dans le travail, avec une sacrée pertinence. Mais en fait, je voulais juste écrire ce sentiment qui m'emmerde depuis le début de la formation pour qu'il me foute la paix. C'est uniquement quand on a des cours de management que ça me le fait. Car oui, on a des cours de "management", on pourrait avoir la palme du truc ronflant et du regardage de nombril dans mon administration. Il y a eu la partie un peu "psychologique